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De pierres et d’eau

Julia de Sigoyer, Julie Carlut, Hélène Dessales Collaboration entre le laboratoire de géologie et d’archéologie de l’ENS Exposition à l’ENS en juin 2008 45 rue d’Ulm Viste de l’exposition Lundi 16 juin à 16h

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Ce projet de recherche se propose de restituer l’évolution du réseau hydraulique de la ville de Pompeï à travers ces 14 châteaux d’eau publics. L’analyse archéologique de l’évolution du bâti est couplée à une étude pétrologique des matériaux de construction et à l’analyse des concrétions calcaires qui tapissent ces bâtiments.

Géochimie des Dépôts carbonatés dans les systèmes d’aduction d’eau romains

Les châteaux d’eau de Pompéi constitués de moellons et/ou de briques, ont été échantillonnés et comparés à des matériaux analogues prélevés dans des carrières abandonnées. L’étude pétrologique et géochimique de ces matériaux permet ainsi de déterminer leur provenance et leurs procédés de fabrication. Les moellons de roches montrent tous une origine régionale. Certains échantillons de lave (leucitite) pourraient provenir d’une coulée située sous la ville de Pompeï. D’autres tel que le tuf jaune montre une origine plus lointaine, de la région de Procida, située à une cinquantaine de kilomètres au NO de Pompeï. L’approvisionnement de ces tufs auraient pu alors se faire par bateau (le rivage atteignait Pompeï sous l’empire romain). Les briques présentent des signatures pétrologiques contrastées, montrant qu’il s’agit de lots différents provenant de diverses briqueteries. Certaines sont locales tel que le démontrent la présence de minéraux typiques du Vésuve (leucites, olivines, clinopyroxènes et feldspaths) ou de tufs identiques à ceux observés dans les roches avoisinantes. D’autres briques pourraient avoir été manufacturées ailleurs, car les minéraux identifiés dans le dégraissant (amphiboles quartz….) ne sont pas reconnus localement. Pour certaines briques des morceaux de céramiques recyclés (terre chamottée) (débris de tuiles ou de briques) ont servi de dégraissant. L’étude sur la granulométrie des briques montrent que pour certaines des roches broyées et tamisées ont été utilisées, alors que du sable a été utilisé pour les autres. Les briques de production locales ont servi dans les constructions des châteaux d’eau et les habitations privées. Les briques dont l’origine n’est pas connue, sont utilisées dans les bâtiments administratifs et le temple de Vénus. Ainsi la maitrise d’oeuvre pour ces bâtiments publiques aurait pu être gérée par les instances gouvernantes.